OUTIL & PRODUCTIVITÉ

IA & UX design : Comment j'intègre des outils IA
dans mon workflow (sans perdre ma touche perso) ?

4 min - 28 mai. 2026

Depuis quelques années, l'IA s'est invitée partout dans nos outils de design : Figma propose désormais ses propres fonctions IA, Claude Design permet de prototyper en quelques secondes, ChatGPT est devenu le copain de brainstorm de beaucoup de designers. Forcément, une question revient souvent : Est-ce que l'IA va remplacer les designers ?


Ma réponse honnête : non. Mais elle a clairement changé ma façon de travailler. Voici concrètement comment je l'utilise et surtout, où je refuse de l'utiliser.

OÙ L'IA M'AIDE VRAIMENT


1. Quand je suis bloquée sur une solution UX complexe

C'est mon usage principal : en début de création, quand je butte sur un problème UX compliqué, typiquement sur des outils métier avec beaucoup de contraintes fonctionnelles j'utilise Figma Make ou Claude Design pour générer rapidement des pistes de solution. Pas pour copier-coller le résultat, mais pour débloquer ma réflexion et explorer des angles que je n'aurais pas vus seule.


2. Quand je bute en HTML/CSS

Claude Code m'est utile quand je suis bloquée sur un point technique en intégration. Ça me permet d'avancer sans perdre des heures à chercher.


3. Pour reformuler et étoffer mes argumentaires

Sur mes specs, mes features, ou mes documents de cadrage, j'utilise l'IA pour me relire et reformuler ce que j'ai déjà rédigé. L'idée n'est jamais de faire écrire l'IA à ma place, mais de retravailler un texte que j'ai produit en premier, clarifier une idée, renforcer un argument, corriger une tournure maladroite.


4. Pour résumer et pour l'UX writing

Je m'en sers aussi pour résumer des textes longs rapidement, et ponctuellement pour de 'UX writing : trouver une formulation plus claire pour un message d'interface, par exemple.


OÙ JE RESTE INTRANSIGEANTE


Je n'utilise jamais l'IA pour:

  • Le design system : la cohérence d'un système de design demande une compréhension fine du produit, de la marque, et des cas d'usage réels. Ce n'est pas quelque chose qu'on délègue.

  • Les audits ergonomiques : un audit repose sur mon œil, mon expérience, et ma connaissance des heuristiques. Une IA n'a pas vécu l'usage réel du produit.

  • Les tests utilisateurs : rien ne remplace une vraie interview, une vraie observation, les vraies frustrations exprimées par une vraie personne.

  • Le premier jet de wireframing : c'est le moment où je structure ma pensée. Si je laisse une IA proposer la première version, je perds le fil de mon propre raisonnement sur le problème.

Ces quatre étapes sont celles où le jugement humain, la compréhension du contexte, des contraintes réelles, des utilisateurs réels ne peut pas être remplacé. L'IA peut proposer quelque chose qui a l'air bien sur le papier, mais qui ne tient pas compte de ce que je sais, moi, du contexte réel du projet.


MA MÉTHODE EN 3 RÈGLES


1. L'IA débloque, je construis

Je m'en sers quand je suis coincée, comme point de départ par défaut.


2. Jamais d'IA sur la recherche utilisateur et les audits

Ce sont les fondations de mon métier, elles restent 100% humaines.


3. Je repasse toujours par mes propres mots avant de livrer

Même quand l'IA m'aide à reformuler, le résultat final doit sonner comme moi, pas comme un texte générique.


L'IA n'a pas remplacé une seule étape clé de mon métier, elle a juste accéléré certains moments où j'étais bloquée. C'est un outil de déblocage et de reformulation, pas un substitut à mon jugement de designer. Je pense que cette frontière va continuer d'évoluer, mais pour l'instant, c'est l'équilibre qui me permet de rester rapide sans perdre ce qui fait la valeur de mon travail : ma compréhension du contexte, des utilisateurs, et mes choix de design.

À LIRE AUSSI

Comment je procède ?

Des réflexions sur mon process, mes outils, et la manière
dont je travaille au quotidien.