Avez-vous déjà passé plus de dix minutes à chercher une fonctionnalité sur un site web ou un
logiciel ?
Ce type de mauvaise expérience pourrait pourtant être évité grâce à un audit ergonomique bien
mené. Dans cet article, je vous présente étape par étape ma méthode pour réaliser un audit
ergonomique efficace pour améliorer l'expérience de vos utilisateurs.
Audit ergonomique est indispensable
Tout d'abord, qu'est-ce qu'un audit ergonomique ? Il s'agit d'un outil d'analyse permettant d'identifier les points faibles d'un site web ou d'un logiciel. Contrairement à ce que l'on pourrait penser, ce n'est pas du tout une perte de temps, bien au contraire. Cette étape sert à identifier rapidement les points noirs (erreurs et incohérences) d'une interface, y compris ceux que nous n'avions jamais remarqués.
Que ce soit une interface pour vos collaborateurs ou pour vos potentiels clients, un audit ergonomique est essentiel. Il permet de faciliter l'accès à l'information, d'alléger les efforts cognitifs, et surtout, de faire gagner un temps considérable aux utilisateurs. Il met souvent en lumière des problèmes que même les concepteurs n'avaient pas vus, simplement parce qu'ils connaissent parfaitement leur système.
LES 7 ÉTAPES D'UN AUDIT ERGONOMIQUE RÉUSSI
1. Se mettre dans la peau de l'utilisateur
Un audit ergonomique commence toujours par une question simple : pour qui conçoit-on l'interface ? Pour bien analyser un parcours, il faut comprendre le profil de l'utilisateur : Sommes-nous des habitants d'une commune ? Des passionnés de musique ? Des employés d'une entreprise informatique ? Des clients souhaitant passer une commande ?
Identifier l'utilisateur permet de mieux anticiper ses attentes, ses besoins et ses difficultés. C'est aussi un moyen de connaître ses connaissances.
2. Étudier l'architecture de l'information
Une fois la cible identifiée, on s'intéresse à la structure globale, c'est-à-dire l'architecture de l'information, et son arborescence :
-
L'arborescence comporte-t-elle trop de rubriques ? (Idéalement, pas plus de 8),
-
Y a-t-il trop de niveaux ? (On recommande 3 maximum),
-
Les libellés sont suffisamment clairs et explicites pour être compris ?
Une bonne architecture de l'information permet de réduire considérablement le temps de recherche d'un utilisateur.
3. Analyser la navigation
La navigation est souvent le premier élément jugé par l'utilisateur. Elle doit être simple, logique et intuitive :
-
La recherche est-elle facile à utiliser ? (une barre de navigation “recherche”),
-
L'utilisateur sait-il où il se trouve grâce à un fil d'Ariane ?
-
Peut-il naviguer uniquement avec les boutons d'un site ?
-
La structure globale est-elle identifiable ? (header / main / footer).
Une navigation fluide donne immédiatement une impression de qualité.
4. Vérifier les hyperliens et les éléments interactifs
Parfait, nous avons vu comment notre utilisateur parvient à obtenir les informations qu'il souhaite
et s'il est difficile ou non d'y accéder.
Désormais attardons-nous sur les hyperliens, c'est-à-dire
tous les éléments a soit les images, les vidéos, les liens menant vers des sites
externes ou des
pages internes au site. Tous ces éléments sont essentiels à la clarté des informations que
l'on
souhaite transmettre :
-
Tous les liens sont clairement identifiés comme cliquables ?
-
Les zones interactives sont-elles suffisamment grandes ? (loi de Fitts),
-
Les libellés sont-ils cohérents ?
-
Aucun lien n'est cassé ? (Erreur 404, 500…),
-
Les images possèdent bien des attributs
altpour l'accessibilité ?
5. Évaluer l'organisation visuelle de la page (zoning)
L'organisation de la page, c'est-à-dire le zoning, consiste à analyser la disposition des éléments sur les pages, une mauvaise organisation peut rapidement désorienter l'utilisateur et rallonger son parcours.
-
Les pages sont-elles homogènes entre elles ?
-
L'organisation respecte-t-elle les lois de Gestalt (proximité, similitude, clôture, figure/fond) pour faciliter la compréhension ?
6. Examiner la page d'accueil et le graphisme
La page d'accueil et le design (charte graphique) sont les deux éléments qui retiennent l'attention de l'utilisateur durant les premières secondes, gérer correctement ces deux aspects est crucial :
-
L'utilisateur comprend-il immédiatement où il se trouve et ce que propose le site ? (test de Krug),
-
La charte graphique est-elle sobre et harmonieuse ?
-
Évite-t-on la surcharge cognitive (trop de couleurs, trop de polices différentes…) ?
7. Étudier les formulaires
Enfin, pour mener un bon audit ergonomique, il faut analyser les formulaires :
-
Les champs de saisie suivent-ils un ordre logique ?
-
Les champs obligatoires sont-ils clairement indiqués ?
-
Des aides comme l'auto-complétion disponibles lorsque c'est nécessaire ?
Un formulaire clair et bien conçu améliore le taux de réussite et réduit la frustration de l'utilisateur.
Réaliser un audit ergonomique n'est pas une perte de temps, c'est un véritable outil d'amélioration. Il permet d'optimiser l'efficacité d'une interface, d'anticiper les erreurs et surtout d'offrir une expérience utilisateur plus fluide, intuitive et agréable. Chaque problème identifié et corrigé contribue directement à une meilleure satisfaction.
